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Les échecs dans la peau

Soumis par sur 13 janvier 2012 – 8 h 00 min

(Cet article est paru dans les Dernières Nouvelles d’Alsace du 11 Janvier 2012)

Chez les Bellahcene, la passion, ça se partage. Omar, le père, a transmis à ses cinq enfants son goût pour les échecs. D’entraînements au club bischwillérois en tournois les week-end, trois d’entre eux ont raflé les titres de Champion de France. Bilel, 13 ans, a décroché la 16 e place au championnat du monde en novembre dernier.

 

 

Dans la famille « Bellahcene joueurs d’échecs » je demande le père, Omar, les fils: Rayane, 14 ans, catégorie « minime », Bilel, 13 ans « benjamin », trois fois champion de France en 2008, 2010 et 2011, Adam, 8 ans, « petit poussin », les filles: Anissa, 12 ans, « benjamine » championne de France en 2007, Meriem, 9 ans, « poussine », championne de France en 2010 et Sofia, 6 ans, « petite poussine ».

 

 

Voilà la famille presqu’au complet. Manque la petite dernière, Jenna, 3 ans, « qui ne demande qu’à venir au club et assiste à presque toutes les compétitions », précise le père en souriant et Nora, la maman, seule « résistante » à cet indomptable virus.

« Les Bellahcene ont compris que pour gagner, il fallait être agressif »

Depuis 2007, les Bellahcene, originaires d’Oberschaeffolsheim, ont fait de la salle d’entraînement du Cercle d’échecs, à la MAC Robert-Lieb, de Bischwiller, leur deuxième maison et enchaînent avec succès les compétitions en France et dans le monde entier. La preuve, trois enfants sur six ont décroché un titre de champion de France.

« Un fait rare », commente Roland Reeb, président du Cercle d’échecs de Bischwiller depuis sa création en 1981. Je connais une seule famille en Alsace où les parents et leurs quatre enfants jouaient. Tous sont devenus maîtres internationaux. Mais trois enfants champions de France, je n’ai jamais vu ça ! Ils mériteraient une entrée au Guinness des records ! »

À l’origine de cette passion dévorante ? Omar Bellahcene, 13 ans à l’époque, qui fait la connaissance du roi, de la dame et du fou dans un centre social pour finalement préférer se défouler sur les terrains de foot avec ses copains. « Je suis revenu aux échecs en 2003 quand Bilel avait six ans, raconte-t-il. Ce jeu m’avait toujours intéressé et puis je me suis dit que ce serait un plus pour sa scolarité, ça aide pour la concentration et la mémoire. »

Le reste de la fratrie suivra, naturellement. « À force de nous regarder jouer, ils s’y sont tous mis», raconte le papa, qui ne s’attendait pas à un « tel engouement ».

Très vite, l’agenda se résume aux entraînements hebdomadaires au club la semaine et aux tournois le week-end. Pas pour plaire à la maman, « mise sur la touche », privée de sorties en famille. Un sacrifice qui ne tarde pas à payer.

Beaucoup de concentration

À 13 ans, Bilel affiche déjà un impressionnant palmarès: trois fois champion de France, deux fois champion de l’Union européenne et quatre participations au championnat du monde. Son secret ? « Beaucoup de concentration », bien sûr. Et l’attaque. « Je joue très vite en début de partie car je connais les ouvertures et je suis plus agressif ensuite pour mater l’adversaire », explique-t-il. Une stratégie gagnante, selon Roland Reeb : « On dit que les échecs, c’est un jeu de “tueur“. Les Bellahcene ont compris que pour gagner, il fallait être agressif. » Et, surtout, « beaucoup travailler », ajoute Omar Bellahcene. « À six ans, Bilel passait des heures devant l’échiquier à faire des exercices seul. »

En novembre dernier, le fils prodige décroche le titre de « maître FIDE » octroyé par la Fédération internationale des échecs, avant de s’envoler pour le Brésil affronter les meilleurs mondiaux russes, indiens, allemands, hongrois, turcs, polonais… lors du championnat du monde. Fort de cinq victoires dont une contre un maître international allemand et un nul contre le champion d’Europe polonais, il décroche la 16 e place. Une performance qui fait la fierté de ses parents.

Bilel lui, ne cache pas sa déception. « Je suis parti 11 e et j’étais en tête pendant toute la durée du tournoi. Les deux dernières parties, je devais les gagner ! », réagit-il en faisant la moue. « L’enjeu, le stress et la fatigue ont pris le dessus », selon le papa.

Insatiable, Bilel pense déjà au prochain tournoi, en février, où il espère décrocher le titre de « maître international » À une condition : « Qu’il poursuive ses efforts à l’école. Car pour faire carrière, il faut un bon bagage scolaire », insiste Omar. Bellahcene. Une carrière? Le jeune garçon n’y pense pas vraiment. En fait, les échecs lui ont plutôt donné le goût du voyage…

par Émilie Skrzypczak