Bienvenue »

5 juillet 2021 – 20 h 22 min

Au bout d’un suspense long de onze jours, l’équipe de Bischwiller a remporté son 4e titre de Champion de France, le 3e consécutif, après ceux de 2018 et 2019, l’édition de 2020 n’ayant pas eu lieu. …

Lire l'article complet »
Dans la presse...
Tournois annoncés
Résultats sportifs
Vie du club
Ecoles
Accueil » Dans la presse...

Roland Reeb : « J’ai toujours considéré les échecs comme un sport »

Soumis par sur 16 mars 2021 – 7 h 00 min

Régulièrement titré en championnat de France, le Cercle d’échecs de Bischwiller s’illustre depuis ses débuts en 1981, grâce à son palmarès. Son président fondateur Roland Reeb revient sur les prémices du club et livre quelques souvenirs.

Article paru dans les DNA le samedi 13 mars 2021

Roland Reeb est président du Cercle d'échecs de Bischwiller depuis le début. Photo DNA /Hervé KELLER

Roland Reeb est président du Cercle d’échecs de Bischwiller depuis le début.
Photo DNA /Hervé KELLER

 

Il n’est pas tombé dans les échecs étant petit, comme un Gaulois bedonnant dans une potion magique. Non, si Roland Reeb a fait connaissance avec les échecs, c’était pour… une dame. « C’est en fréquentant ma première femme que je m’y suis mis. Mon futur beau-père m’a dit que qui voulait sa fille, devait savoir jouer aux échecs. » Jeune professeur d’EPS, Roland Reeb est donc devenu échéphile, un peu par obligation, mais s’est vite pris au jeu. Et si son union s’est soldée par un échec et mat au bout de cinq ans, sa passion des échecs perdure encore aujourd’hui. « J’ai tout de suite considéré les échecs comme un sport ! ».

« Imaginez comment un enfant peut progresser rapidement lorsqu’on analyse une partie avec lui »

Natif de Strasbourg, il est muté au feu collège du Saut-du-Lièvre à Bischwiller. Grâce à la bienveillance du chef d’établissement, Mme Stehelin, ancien professeur de musique, Roland Reeb créé une filière d’échecs pour les collégiens en 1981. Un choix qui va s’avérer fondamental dans le succès du Club d’échecs de Bischwiller fondé la même année. « Les élèves avaient des cours obligatoires d’échecs de 2 à 3 heures par semaine. J’enseignais autant les échecs que le sport. Mais ce n’était pas tout à fait officiel, même si tout le monde le savait », se souvient le prof d’EPS. Une situation non-officielle donc, mais qui a tout de même perduré jusqu’en 2007. Entre le collège et le club, certains jeunes joueurs ont fait des échecs leur marotte, au point de jouer 7 heures par semaine et d’être aujourd’hui de grands joueurs.

« Nombre de bons joueurs du club sont effectivement issus de cette filière du Saut-du-Lièvre, comme Jean Netzer ou Anne Muller, maîtres internationaux ou Jaques Netzer, maître Fide (Fédération internationale d’échecs, crée à Paris en 1924, N.D.L.R.) », reconnaît Roland Reeb avec une pointe de fierté. Parmi les 50 grands maîtres hexagonaux, il faut également citer Bilel Bellahcene, membre du club de Bischwiller.

Roland Reeb est donc à l’origine d’une pépinière de jeunes joueurs. Mais cela n’explique pas tout. « Si nous avons eu de bons résultats, c’est que nous faisions ce que les autres ne faisaient pas », livre le stratège, qui aime avoir un coup d’avance. À savoir, l’analyse des parties. « Nous avons noté les parties des petites catégories pour analyses. Imaginez comment un enfant peut progresser rapidement lorsqu’on analyse une partie avec lui », note le pédagogue. Un travail payant. Dès 1985, Virginie Lienard remporte le titre de championne de France individuel à Épinal. Une stratégie que les autres clubs hexagonaux se sont rapidement appropriée, au point que la fédération française a imposé la notation par la suite pour les jeunes catégories et créé le Top Jeunes en 1987.

Fort de cet avantage, le club bischwillérois s’est illustré brillamment jusqu’à ces dernières années, avec sept titres au championnat de France par équipe et 24 titres de champion de France Jeunes en individuel. « Ces jeunes se sont qualifiés pour les championnats d’Europe ou du monde et ont ainsi pu voyager dans des pays comme l’Indonésie, le Brésil, le Vietnam, l’Afrique du Sud ou encore la Chine », se réjouit Roland Reeb. Trois quarts des plus de 200 licenciés du club sont des jeunes. »

Une concentration phénoménale

Jouer aux échecs régulièrement développe certaines aptitudes. « La difficulté pour un jeune joueur est de trouver la réponse au coup de l’adversaire avant qu’il ne joue. Les échecs imposent le calme, la réflexion, la prise de recul sur la situation, développent des qualités d’anticipation et l’esprit d’analyse, liste Roland Reeb, et surtout une concentration phénoménale. Certains joueurs peuvent se concentrer pendant 5 heures d’affilée. »

Si la filière échecs au collège de Bischwiller n’existe plus, le club intervient régulièrement dans les écoles du secteur, à Geudertheim, Rohrwiller, Haguenau et Weitbruch. Avec l’apparition de la pandémie du Covid-19, les réunions au sous-sol de la MAC de Bischwiller sont suspendues, mais les joueurs s’entraînent en ligne. « Grâce à Etienne Mensch, des cours interactifs ont lieu le samedi matin. Nous utilisons également deux sites gratuits : echecs.com et lichess.org. Il est alors possible de jouer contre l’ordinateur ou contre un autre joueur », explique Roland Reeb aujourd’hui âgé de 73 ans. Si la passion des échecs est restée intacte toutes ces années, il pense tout de même passer la main de la présidence du club un jour. Toujours avec un coup d’avance, Roland Reeb considère les échecs comme un sport depuis longtemps. L’État français n’a reconnu la discipline en tant que sport qu’en septembre 2000. Roland Reeb a été nommé citoyen d’honneur de la Ville de Bischwiller en 2019 en même temps que Volker Grenke, le principal mécène du club.

Le palmarès du club

Le club d’échecs de Bischwiller a remporté le Trophée du meilleur club aux Championnats de France Jeunes en 1997, 2007, 2008, 2010, 2012 et 2016. Il a décroché le titre de Champion de France Interclubs Jeunes en 1990 et 1991 et Interclubs Cadets en 2007. Top 12 Féminin JCL en 2014. Top 12 en 2015 et Top 12 Féminin en 2015. Sous oublier la Coupe d’Europe Féminine en Grèce en 2008.

Cet article vous est offert par Les Dernières Nouvelles d’Alsace dans le but de vous faire découvrir ses formules d’abonnement. Convaincu(e) ? Abonnez-vous !